Tu t'en vas sans moi, ma vie.
Tu roules.
Et moi j'attends encore de faire un pas.
Tu portes ailleurs la bataille.
Tu me désertes ainsi.
Je ne t'ai jamais suivie.
Je ne vois pas clair dans tes offres.
Le petit peu que je veux, jamais tu ne l'apportes.
A cause de ce manque, j'aspire à tant.
A tant de choses, à presque l'infini...
A cause de ce peu qui manque, que jamais tu n'apportes.
D'autres paroles sur la même musique :
Au bord de la mer, de la mer sauvage et nocturne se tient un jeune homme la mélancolie au cœur des doutes plein la tête.Et les lèvres serrées, il interroge les vagues :
Oh dîtes moi le secret de la vie!
Ce secret antique et douloureux sur lequel se sont penchées tant de têtes, têtes coiffées de bonnets à hiéroglyphes ou de turbans ou de calottes noires, de pauvres têtes en sueur.
Dîtes moi: que signifie “l’homme”?
D’où vient-il? Où va t-il? Qui donc réside la-haut, au-delà des étoiles d’or?
Et les vagues chantonnent leur éternel murmure. Passe le souffle du vent. Les nuages s’enfuient. Indifférentes et froides les étoiles scintillent.
Et un pauvre sot attend la réponse...
Heinrich Heine, 1797-1856
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